mercredi 7 février 2018

Des reliques en tournée


Né en Navarre espagnole en 1506, dans une famille issue de la noblesse, Saint François-Xavier eut, dès sa jeunesse, la vocation pour la prêtrise et le triomphe du Christ-Roi. À la Sorbonne, il fut le condisciple de Saint Pierre-Favre. Il reçut les ordres à Venise en 1537, à l'âge de trente-et-un ans. Également, il fut l'un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus avec son ami et compatriote Saint Ignace de Loyola, en 1540, et peu de temps après, il partit évangéliser l'Extrême-Orient, et notamment, le Japon. Son incursion missionnaire en Inde, où il arriva en Nonce de Sa Sainteté, prolongée sur douze ans, des quarante-six qu'il vécut, s'acheva le 3 décembre 1552. Soixante années plus tard, Grégoire XV l'élevait aux autels !

La semaine dernière, Notre Église, en cette terre de Nouvelle France eut l'honneur d'agréer la cordiale visite que Saint François-Xavier avait daigné lui faire. Représenté par son bras droit, Francisco de Jasso démarrait une tournée nord-américaine.  Si son corps se trouve dans la Basilique du Bon-Jésus à Goa, en Inde, où le saint acheva son pèlerinage sur terre il y a maintenant 450 ans -et où on l'expose une fois tous les dix ans-, la relique que nous vîmes est gardée, elle, dans l'église du Gesù, l'église-mère de la Compagnie de Jésus à Rome. Elle quittait donc exceptionnellement l'ancienne cité éternelle pour venir apporter les grâces à quiconque voulût la vénérer. Définitivement, avec une telle "vedette" en tournée à Montréal, il n'y avait pas de rival pour l'égaler, ni au igloofest, ni même dans le Canada tout entier !

Bienheureuse main que celle-ci, elle baptisa plus de dix mille âmes !

Aller honorer la relique d'un tel Athlète du Christ, quel incomparable privilège ! C'était le mardi soir, 30 janvier, en l'église du Gesù de Ville-Marie, dont les soubassements ont hélas été reconvertis en théâtres et en salles de spectacles. Et nous avons prié le rosaire devant la belle châsse, provoquant l'incompréhension de bien des conciliaires présents, au regard hébété, face à tant de rigidité (c'mon, qui suis-je pour juger !). Quand, il y a maintenant deux mois, en décembre passé -le lendemain de la fête du grand saint, pour être exact-, j'ai appris la tournée canadienne de la relique, sur le réseau québécoiseux TVA, je me proposais de partir, sous la tutelle guerrière de nos bons prêtres, à la chasse de la châsse, faire une embuscade aux conciliaires pour s'emparer de son bras ! Que d'héroïsme dans cette aventure ! En effet, de quoi faire perdre son latin au moderniste de base et, avec lui, faire frémir la secte conciliaire !

Avec un prétexte de rencontre "œcuménique", le guet-apens ultime *(effectivement, nous ne professons pas leur religion), ils ne résisteraient pas à un bras de fer si musclé ! Et puis non, ce n'est pas ce que nous fîmes, dans ce merveilleux sanctuaire, aux somptueux autels ! Nous en avons profité pour nous recueillir devant Notre Dame de Liesse, les statues du noble et chaste époux de la Sainte Vierge, S. Isaac Jogues & S. Jean de Brébeuf, Ste Thérèse d'Avila, S. Pierre Favre, et -quelle surprise- du Lys de Quito ! Dieu reconnaîtra les siens, personne n'aura rien à redire quant à ça. Aussi, avons nous prié justement pour la conversion des autres gens présents, myopes devant la crise mais à la fois voulant vénérer les restes d'un maître du christianisme ! Ce n'est pas peu dire qu'ils le font quand même contre les directions qu'imposent les nouveaux dogmes du Concile. Sans oublier quelques objets assez incongrus avec l'endroit. Deux engins bâclés (et non des œuvres d'art, désolé): une toile abstraite ténébreuse, un crucifix luciférien (affreuses silhouttes blêmes), et, en extra, portrait d'un hérétique, Teilhard de Chardin, placée entre le sanctuaire de S. Joseph et le maître-autel !

Une seule catholicité: l'Église Universelle !

Même si, comme je disais, déjà à ce moment-là, nous avions eu droit à la position officielle du diocèse et de l'Épine, sur les ossements du grand saint ! "Macabre", disent-ils. Grand bien leur en fasse, ils trouvent cela «macabre», mais néanmoins, le sentiment religieux est prioritaire, dans toutes les religions, vous disent-ils ! Verrons nous bientôt Bergauche vénérer le pot de chambre de Luther avec toute sa suite apostate ? Et la note sur le Saint-Suaire, pour terminer sur une note très macabre, elle ! Rien de nouveau sous le soleil... Et parlant de choses macabres, c'est paradoxalement ces mêmes hérétiques-là, ceux qui trouvent que la vénération des reliques, une pratique immémoriale dans la Sainte Église de Jésus-Christ, est quelque chose de suranné, de sinistre, c'est ceux qui vous diront, paradoxalement, combien ils trouvent émouvant de se faire incinérer -Dieu nous garde d'une fin aussi effroyable-, ce serait pour ces débiles, nourris d'une passion pour des exotismes délirants, une retrouvaille avec la nature, et qui vous composeront des notices nécrologiques ne disant plus qu'un tel « est mort », privilégiant plutôt des calembredaines telles qu' « il fut absorbé par la Vie ». Celui qui cherche à dissimuler, pour ne pas blesser, n'aura pas trouvé d'épitaphe plus satanique que ça. Aïe !!!

Évidemment, notre présence ne pouvait que déranger ces gens-là; alors qu'on terminait la dernière dizaine du chapelet, un bedeau, ou plutôt un employé de service, nous a presque interrompu pour nous mettre à la porte, avec pour prétexte qu'il était pressé de partir. Sur tous les conciliaires présents aux début, il n'en restait plus un seul vers vingt-et-une heures. Que de chrétiens absents à vous vénérer, par contre ! Voyez l'esprit d'immanence qui s'est emparé de toutes ces pauvres âmes ! À présent, retournée à la Rome, ancien centre de la Chrétienté, qu'advient-il de vous, ô, noble relique, sans cesse moquée et méprisée de ces impies ?

Saint François-Xavier rappelant à la vie la fille d'un habitant de Cangoxima
réalisée par Nicolas Poussin en 1641

Saint François-Xavier, priez pour nous
San Frantzisko Xavierrek, guretzat othoitz

3 commentaires:

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  2. En ce 2ème jour du saint Carême, je prie en l'honneur de sa gloire auprès de Notre-Seigneur et pour qu'il intercède pour mon âme, pour ma famille, pour tous nos frères Catholiques ainsi que pour nos amis (quels qu'ils soient) et nos adversaires et ennemis. Merci pour cet article Ultramontain.

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  3. Merci, chers lecteurs, pour vos commentaires. Que le Ciel, à travers nos prières à Saint François-Xavier, vous comble tous de bénédictions en ce carême !

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