mardi 2 janvier 2018

Daniel TORAL y MALO



2 janvier
Daniel Tomás Benigno Toral y Malo

« Mes enfants bien-aimés: Vous m’avez demandé de vous laisser par écrit certains événements de ma vie. Pour exaucer votre souhait, et seulement parce qu’il s’agit de parler avec les êtres qu’il nous est donné d’aimer le plus dans cette vie, je vous dirai quelque chose de ce dont je garde souvenir, parmi tant d’épisodes passés et qui seront, peut-être, d’un certain profit pour vous. Regardez-moi ici, arrivé à la tombée du jour, à la fin du long sentier parcouru après plus de quatre-vingt-dix ans d’existence. De nombreuses fois, dans ce chemin, je tombai, mais, avec l’aide de Dieu, le visage face au soleil et le regard porté au Ciel, je me relevai […] » (Mémoires, dédicace).


Voici une petite note pour commémorer l'anniversaire de Daniel Toral y Malo, grand combattant catholique, soldat du Christ et de son Église, fait, au terme de son existence, Commandeur de Saint-Grégoire-le-Grand par Pie XII, et dont la pieuse vie et les mémoires devraient être l'exemple pour l'homme catholique. Exemple pour la lutte qu'il doit mener au cours de vie terrestre, aussi épineuse qu'elle soit ici-bas, mais avec les bénédictions que Dieu permet pour notre sanctification et pour nous rendre agréables à Lui. Et donc, à plus forte raison dans la situation extraordinaire du temps présent, celle de l'effroyable crise que traverse la Sainte Église, après le désaveu de son épiscopat et de sa hiérarchie toute entière, reléguant aux oubliettes deux millénaires d'histoire de civilisation chrétienne (culture, art, richesse dogmatique, lutte armée) en faveur des puissances du mal et du mondialisme. Heureusement, nous voyons cette secte conciliaire et païenne en pleine déchéance, et leurs renégats de chefs sont à jamais perdus, perdus! Approchant des grands châtiments finaux, il peut être profitable, à tous égards, pour l'homme catholique actuel de se ressourcer dans le témoignage d'un vir fidèle au patrimoine reçu de ses aïeux, droit et nationaliste, à la différence de l'Occident moderne qui encense tout ce qui vient d'ailleurs et surtout pas chrétien ! Alors que l'on sombre au  milieu des débris de la civilisation suprême et de la cité de Dieu, revisitez l'ancienne hombría, la virilité latine et la chevalerie castillane combattante qui a assisté, bien des fois au cours de l'histoire, des preux comme Don Daniel, à travers, notamment, des épisodes mystiques où l'on voit l'indéfectible protection portée par Dieu aux siens. D'autres tels que la vision d'événements tels que le magnicide de García Moreno et de Mgr Checa y Barba, l'assassinat de son beau-frère, chef conservateur et catholique, par le gouvernement franc-maçon (qui maquilla le crime en suicide), le miracle de Notre-Dame des Douleurs... 

Se situant au croisement des siècles, sa vie se prolongeant près d'un siècle, fut caractérisée par la piété et la vertu. Né à Conques (Équateur) en 1860, il y décéda en 1953, il fut élevé par le Seigneur et vers le Très-Haut à la fin du XIXème siècle: celui du Syllabus, de la condamnation des "valeurs" des temps modernes comme le marxisme, la laïcité républicaine, l'américanisme et tutti quanti, et le XXème, celui brillamment commencé par le glorieux pontificat de Saint Pie X et hélas, suivi et fini prophétiquement, jusqu'à l'avènement officiel de l'erreur, en tiare et en chape pour répondre l'expression de Mgr de Ségur. Neveu de Mgr Esteves de Toral, Père Évêque au Concile du Vatican, il fut le défenseur de la dignité et de la conservation de sa race, de la rancia estirpe patriarcale et de l'héritage romain et de l'hidalgo espagnol -et non le métissage politique que la gauche a imposé comme religion dans ces pays d'Amérique du Sud-; il professa un culte d'amour et de vénération à la France éternelle, et, bien qu'encerclé par un entourage libéral, il mena la guerre à leurs idéologies perverses (les pestes mortelles dont parlait Sa Sainteté Léon XIII), dans les armées catholiques restauratrices: paladin des gestes armées contre les pions de la franc-maçonnerie en 1883, déposant le tyran libéral Général de Vintimille, puis l'alfarisme maçonnique et destructeur des œuvres des maisons religieuses. Aimant le travail, il s'y consacra pour sustenter sa famille: marié en 1891, après de chastes fiançailles, il vécut avec son épouse une perpétuelle noce de soixante-deux ans, en procréant 14 enfants, qui, à leur tour lui donnèrent 85 petits-enfants.


Comme lui, le catholique actuel doit, s'il l'est vraiment, s'empoigner de la défense de la tradition (naturelle et surnaturelle) et de l'Église éternelle, la seule instituée par Jésus-Christ, qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique, dans la liturgie, le credo et les mœurs, contre l'inversion que l'ennemi veut nous imposer afin de mieux nous exterminer. En 1951, peu de temps avant sa mort, il mit ses mémoires sur papier, à la demande de sa famille. Quelle bénédiction de pouvoir bénéficier d'un tel document, où le récit, à travers de nombreux épisodes historiques ou personnels, accuse en long et en large, à la fois si inconsciemment mais si directement, l'effroyable crise conciliaire que nous infligent des apostats marxistes frappés de schisme par le Ciel et à l'autorité invalide. Voici une version abrégée du début de ses mémoires, publiées pour la première fois en 1987 et présentées par son fils Julio Enrique:

 «Accédant avec mes frères et sœurs, à vos demandes, c’est aujourd'hui que sont publiées pour la première fois, ces pages choisies des mémoires que notre père très aimant rédigea -dédiées à ses enfants-, au crépuscule de sa vie, en 1951, à l’âge de quatre-vingt-onze ans. Manuscrits conservés comme le plus précieux des trésor, avec amour et vénération ; récits simples évoquées, o combien de fois, dans les inoubliables veillées à la Quinta, quand en cercle d’amour autour de nos si chers et aimés géniteurs, nous les écoutions passionnés parler, tantôt de leurs ancêtres, de leurs mœurs chrétiennes et leurs traditions ; tantôt des faits historiques qu’il dut vivre, comme témoin ou parfois en tant qu’acteur, des événements surtout locaux ou nationaux, dont certains laissèrent des traces indélébiles sur sa vie ; tantôt des épisodes du temps héroïque, du Mouvement de la Restauration contre le dictateur de Vintimille et surtout, les récits de la résistance de Cuenca vis-à-vis du régime alfariste antireligieux et tyrannique.

Le récit romantique de l'amour idéal envers une jeune fille, qu'il connut providentiellement lors d'une réunion sociale, dont la beauté sans égal et la charmante sympathie resteraient gravées au plus profond de son coeur, amour qu'il ne pouvait manifester à une fille de cet âge. Cet amour idéal, cette force intérieure fut l'encouragement qui le mena à donner un nouveau cap à sa vie, et pour prendre une décision héroïque: entreprendre, dans de lointaines et sauvages contrées, aux rives du Jubonès, l'établissement d'un "entable", une plantation qu'il transforma aussitôt en une "hacienda" (exploitation) très productive et rentable. Cet amour, profondément ancré en son coeur, il le tut jusqu'au jour où il put le révéler à Doloritas, comme il l'avait toujours appelée: cette mirifique demoiselle de ses rêves, métamorphosée en l'une des élèves les plus distinguées du Collège des Sacrés-Coeurs, régi par les mères françaises de la congrégation de Soeur Henriette Aymer; sa beauté, ses singulières qualités intellectuelles et ses vertus chrétiennes si épurées, éveillaient en lui une grande illusion qui lui semblait irréalisable, jusqu'au jour où le très grand et l'unique amour de sa vie s'accomplirait: jour triomphal, le 27 juin 1891, ils montaient sur l'Autel pour recevoir, de Notre Seigneur Jésus-Christ, la bénédiction qui unirait leur vies et destins à jamais.

Cérémonie d'imposition de la décoration pontificale en 1951

Pendant soixante-deux ans de vie matrimoniale, leur amour et vertu s’accroissant chaque jour , nous recevions, de façon imperceptible, la Foi de leurs aïeux, avec l’exemple de leurs vies d’authentiques chrétiens, avec une cohérence entre la pensée et l’action : la journée ne commençait sans la célébration de la Sainte Messe, dans la voisine Basilique de Saint Dominique, dans les premières heures du matin, et ne s’achevait avant, en dernière pratique, la récitation et prière du Saint Rosaire, le soir, avec toute la famille réunie. Notre père profita de toute occasion pour nous inculquer, dès notre plus jeune âge, l’accomplissement du devoir et la Sainte Crainte de Dieu; car, travail et prière fut sa devise, comme lit l’épitaphe sur sa tombe : IN LABORE ET ORA-TIONE VIVIT, suggérée dans l’oraison funèbre que Mgr Serrano Abad lui consacrait lors de ses obsèques. Sa norme de vie fut articulée autour du proverbe toscan :

TRAVAILLE, COMME S’IL Y EÛT BESOIN DE VIVRE POUR CELA ;
PRIE, COMME SI TU ALLASSES MOURIR AUJOURD’HUI MÊME

Quelles merveilleuses phrases, pleines de prose, ils échangeaient au sujet des sentiments les plus intimes qui leur emplissaient l’âme de béatitude, et avec lesquelles, ils se consolaient mutuellement dans l’adversité. Dans l’ostracisme à San Antonio, la lecture de la Sainte Bible, des classiques et des Pères de l’Église, alimentaient son esprit raffiné et culte et son âme timorée. Ce mariage chrétien et exemplaire, reconnu par tous comme les patriarches de Cuenca, reçut, lors de la célébration de ces noces d’or, en 1941, une spéciale Bénédiction Apostolique dispensée par Sa Sainteté Pie XII. Également, des années plus tard, célébrant, dans la sénescence, leurs noces de diamant, le Pape Pie XII lui octroyait la décoration de Chevalier de l’Ordre de Saint Grégoire, dans le grade de Commandant, très grande et singulière distinction que l’exercice ininterrompu des vertus chrétiennes lui conférait, « en reconnaissance des grands services prêtés au bien et au développement de l’Église et de la Cause Catholique […] »

La Croix, 9 décembre 1932

Pour nous, chrétiens, l'intérêt est évident. Mais pour ses descendants, si jamais ils pensaient à lui et tombaient sur ce site: sont-ils "de familles nombreuses et très catholiques"? Se distinguent-elles encore "par leur esprit religieux et leur amour du travail" ?  Sont-ils encore "non seulement les défenseurs, mais les ardents apôtres de notre langue [française], de notre civilisation (...)" ou même espagnole, où se sont ils tous livrés au culte de l'empire de l'anglais, de Miami, comme des serviles de l'abject monde WASP? À défaut, à quoi servent-ils ? Prions pour qu'ils aient la grâce de reconnaître et d'embrasser la grande religion de leurs aïeux !

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